cabaret des gens perdu
folk rocck des années 70, style françois béranger
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Lyrics
(Couplet 1)
Il est un lieu de l’ombre où le jour s’exténue,
Où l’homme vient s'asseoir au bout de son chemin.
Une chambre de verre à la vitre ingénue,
Où le vin a le goût des regrets de demain.
Le zinc est un miroir où se cherchent les âmes,
Sous le néon blafard qui pleure ses clartés,
On y croise le fer, on y croise des femmes,
Et le spectre muet de nos libertés.
(Refrain)
Ô mon pays de nacre au fond d’une bouteille,
Bistrot des rendez-vous que l'on n'attendait plus.
Où la soif est une herbe et la peur une veille,
Dans ce petit matin des amours résolues.
Qu’importe le flacon si l’on y voit la vie,
Comme un oiseau blessé qui n’a plus d’ironie.
(Couplet 2)
Le garçon de café ressemble à un prophète,
Il distribue l’oubli dans des verres épais.
Chaque table est un camp, chaque chaise une fête,
Où l’on signe pour rien des traités de paix.
On y parle de l’Espagne ou bien des barricades,
D’un temps où le soleil ne se couchait jamais,
On boit à la santé des vieilles camarades,
Et des refrains perdus que le vent enfermait.
(Couplet 3)
Écoute la rumeur de la ville qui gronde,
Ici le temps s'arrête et le silence est roi.
C’est un petit morceau du tumulte du monde,
Un asile de bois pour le froid et l’effroi.
On repartira seul sous la lune d’opale,
Emportant dans son cœur ce parfum de tabac,
Comme une étoile morte au fond d'une escale,
Qui refuse de croire au dernier des combats.
(Final)
Le rideau se referme et l'aube nous oublie,
Mais le bistrot demeure une île de survie.