en rade
piano et bandoléon style astor piazola, voix grave, voix grasse et rauque
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Lyrics
C’est pas un bar, c’est une confession sans curé,
Un truc de bois mort où l’on vient s’échouer.
Le patron sert des verres qui ont le goût d’abandon,
Pendant que je compte mes rides comme on compte ses biftons.
Y’a l’odeur du froid qui s’accroche au comptoir,
Et des types qui se regardent sans jamais se voir.
On est là, suspendus à une goutte de gnôle,
À essayer de jouer un dernier rôle.
(Refrain)
Santé les naufragés, santé les mal-aimés !
Le bonheur est une pute qui nous a oubliés.
Au cabaret de la vie, on paye toujours trop cher,
Le droit d'être debout... même les pieds en enfer.
(Couplet 2)
J’ai connu des rades au bout du bout du monde,
Mais ici, c’est pire, c’est la nuit qui gronde.
Y’a une femme qui pleure son maquillage de fête,
Elle dit que l’amour, c’est une balle dans la tête.
Moi je bois à sa santé, je bois à ses déroutes,
On est sur la même barque, on fait la même route.
On n'a plus de patrie, on n'a plus de maison,
Juste ce besoin con de perdre la raison.
(Couplet 3)
Regarde-les, ces héros de la dernière heure...
Ils ont le cœur en friche et le foie en malheur.
On ne refait pas le monde, on le laisse s'effriter,
Entre deux cendriers et trois vérités.
Moi, je m’en fous, je suis le roi de ce royaume en miettes,
Un poète de zinc avec une gueule de squelette.
(Final)
Allez, remets-moi la petite sœur, Marco...
Il fait trop clair dehors.
C’est indécent, le jour qui se lève sur nos os.