avant ou apres 15 ?

avant ou apres 15 ?

texte pour narration non chante sur musique celtique, voix femme

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Lyrics

Je me souviens du silence. Un silence si lourd qu’il semblait écraser la forêt elle-même. Robin a avancé. Sans colère. Sans fuite. Comme un homme qui a déjà fait la paix avec son destin. Je voulais crier. Courir. Le retenir. Mais mes jambes refusaient d’obéir. Le shérif souriait. Un sourire lent, calculé, satisfait. Celui d’un homme qui croit avoir gagné bien plus qu’une vie. À son ordre, les chaînes sont tombées. Une à une. Des cris ont éclaté. Des larmes. Des bras qui se retrouvaient après trop d’années d’ombre. Finn… notre fils… a été libéré. Il a couru vers moi et tomber dans mes bras. La potence se dressait au centre de la place. Le bois était rugueux, marqué par d’anciennes morts. La corde pendait, immobile, indifférente. Le shérif parlait encore. Je n’entendais plus ses mots. Seulement le battement affolé de mon cœur. Je n’y croyais plus. Plus aux miracles. Plus aux rois. Plus à la justice. Et puis… Une voix. Une seule voix. Elle a traversé la forêt comme un éclair fend le ciel. « AU NOM DU ROI… ARRÊTEZ. » Ce n’était pas un cri. C’était un ordre. Un ordre si puissant que même le vent s’est figé. Les oiseaux se sont tus. Les soldats ont cessé de bouger. La corde a cessé de trembler. Je me souviens m’être dit : Je rêve. Puis les cors ont retenti. Graves. Majestueux. Ils n’annonçaient pas la guerre. Ils annonçaient l’autorité. Et il est apparu. Le roi Richard Cœur de Lion. Marqué par la croisade. L’armure usée par les combats lointains. Le regard dur… mais juste. Je n’arrivais pas à respirer. Le shérif s’est incliné, trop tard, trop maladroitement. Il parlait de loi. De devoir. De royaume. Mais le roi ne l’écoutait déjà plus. Il regardait Robin. Et dans son regard, j’ai vu quelque chose que je n’oublierai jamais. La reconnaissance. Il a raconté. Comment, loin d’ici, en Terre Sainte, quand la mort rôdait parmi les siens, un homme sans titre, sans couronne, avait tenu sa lame droite et son honneur intact. Comment Robin de Locksley avait sauvé sa vie. Pas pour l’or. Pas pour la gloire. Mais parce que c’était juste. Chaque mot frappait comme un coup de tonnerre. Quand le roi a parlé de trahison, le shérif a blanchi. Quand il lui a arraché ses insignes, j’ai senti la peur changer de camp. Puis la phrase que je n’osais plus espérer : « Baissez cette corde. » Elle est tombée. Le bois a roulé au sol. Robin était libre. Je suis tombée à genoux. Pas par faiblesse. Mais parce que le monde venait de se redresser. Ce jour-là, Sherwood n’a pas seulement retrouvé son héros. Il a retrouvé la preuve que l’honneur peut survivre à la peur. Et moi… Moi, j’ai compris que certaines légendes naissent au moment précis où l’on accepte de tout perdre.